‘Ubérisation’ du bâtiment : Une menace à laquelle les artisans s’apprêtent à faire face

Pour se protéger des effets de l’ubérisation, les artisans du bâtiment s’affichent de plus en plus sur le web et montent en compétence.

Ça y est, l’ubérisation touche aussi le secteur du bâtiment. Dans le projet de loi Sapin II, l’article 43 stipule des mesures consistant à réduire les obstacles à l’entreprenariat individuel. Ce projet de loi veut également élever les plafonds pour le chiffre d’affaires afin de pouvoir porter le statut de micro-entrepreneur (appelé auto-entrepreneur auparavant).

Des risques au niveau de l’emploi

En cas d’adoption de cette loi, c’est fini pour les prévisions de création d’emplois, explique la Capeb. Parallèlement, on assiste à un fort développement des plateformes en ligne qui mettent en relation les prestataires de service en bâtiment et les clients. Associées à la loi Sapin II, ces plateformes pourraient nuire au modèle économique des petites entreprises qui ne se sont pas encore remises de la crise. Ces petites entreprises craignent que ces plateformes établissent elles-mêmes les tarifs et pourraient détenir une part de marché importante.

Des artisans qualifiés

Afin d’y faire face, les artisans préparent leur riposte. Ils veulent ainsi être plus visibles sur la toile via des plateformes conçues par des professionnels et mettre l’accent sur les qualifications des artisans. Avec des artisans qualifiés, il sera possible de combattre cette ‘économie collaborative’ à bas prix. Par ailleurs, le ministère de l’Écologie et du Développement durable sollicite les professionnels à être bien formés vis-à-vis de la rénovation énergétique. Ce qui est contradictoire à sa mesure de simplifier l’accès aux métiers pour les entrepreneurs non qualifiés. Les artisans dénoncent d’ailleurs la politique du ministre de l’Économie qui souhaite qu’une entreprise artisanale soit créée en un jour, sans aucun stage (trop long) qui permettrait de bien maitriser le métier.

Le financement de la protection sociale

Cette politique qui insiste sur des modèles d’entreprises ne payant que de faibles charges soulève beaucoup de questions. Avec de tels dispositifs, la Capeb se demande comment le pays arrivera-t-il à garantir la durabilité de la protection sociale ? Tiendra-t-il son rôle d’amortisseur social ? Qui financera les retraites ou les allocations des personnes au chômage ?

Beaucoup se demandent la nécessité de ces mesures qui consistent à individualiser la prise d’initiative. Les artisans perçoivent ces mesures comme un risque à la qualité des services proposés aux clients.

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